Ces contacts forment un réseau temporel, dans lequel les individus sont les nœuds et les contacts les liens. Il est temporel parce que les nœuds ne sont pas forcément tout le temps présent, et les liens apparaissent et disparaissent selon les contacts. Un réseau temporel est un objet mathématique pas simple à analyser, donc on se focalise en général sur certaines de ses propriétés. Dans le cas de la thèse de ma doctorante, elle s'est intéressé aux distributions de 3 quantités qui décrivent la dynamique des contacts : la durée d'un contact, la durée entre deux contacts successifs, et le nombre de contact entre 2 personnes. Ces trois distributions sont importantes parce qu'elles conditionnent fortement les processus de propagation à travers le réseau temporel des contacts (comme par exemple une épidémie de grippe ou de covid). En tant que physicien*ne, elles ont de plus une propriété intrigante : empiriquement ce sont des lois larges, donc possiblement des lois de puissance. Les lois de puissances, quand on fait de la physique statistique on aime bien ça, parce que c'est souvent un indice de physique intéressante : phénomènes critiques, lois universelles, etc.
L'autre aspect très étonnant, c'est que ces distributions sont qualitativement identiques quel que soit le contexte social. C'est donc potentiellement le signe que les mécanismes qui les génèrent sont universels, et ne dépendent pas de déterminants sociologiques, psychologiques ou culturels.