Ma doctorante a précisément cherché quels mécanismes simples pouvaient être à l'origine de ces distributions.
Des modèles de réseaux, il y en a des centaines, et certains arrivent à reproduire plus ou moins les distributions en question. En général ce sont des modèles "pur réseau" : tout se passe dans un espace abstrait de nœuds et de liens. Et en général, obtenir ces résultats nécessite des mécanismes un peu alambiqués, pas convaincants d'un point de vue sociologique, et surtout pas stables sur le long terme.
L'intuition dans sa thèse, c'est qu'il manque à ces modèles l'effet des contraintes spatiales. Le réseau des contacts émergent des déplacements des individus, or ces déplacements se produisent dans un espace 2D : il faut du temps pour que 2 personnes éloignées puissent interagir, et en plus il faut traverser un espace plein d'autres personnes, ce qui génère d'autres interactions, etc.
Elle a donc étudié les propriétés des réseaux temporels issus de modèles de piétons très simple, pour voir si ces effets spatiaux permettent de générer facilement des réseaux temporels complexes.