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  • Jan 24, 2025, 12:12 PM

    Bien sûr, surmonter ça et faire un truc vraiment démocratique est compliqué, là aussi j’en suis conscient, et ça impliquerait d’une façon ou d’une autre d’arriver à avoir des vraies preuves de personnalité/d’existence/d’humanité/d’unicité (« proof of personhood » en anglais, je sais pas comment traduire 😐), c’est à dire la preuve qu’un seul être humain ne crée qu’un seul compte. Le tout sans sacrifier la vie privée des gens.
    Certes c’est pas facile, mais il faudra bien qu’on s’attaque au problème un jour, sans quoi on continuera à perdre hein.

    En attendant on pourrait déjà imaginer pour commencer, des façons plus simples et raisonnables de s’en approcher un peu, de limiter un peu les inconvénients par rapport à la situation catastrophique actuelle.
    Par exemple on pourrait exiger que chaque compte créé doive être validé par un numéro de téléphone portable (avec des mécanismes pour que personne ne puisse lier un compte à son numéro, genre jetons cryptographiques anonymes et de réseaux de mélange, mais je passe les détails. Et tout ça devrait bien sûr être automatisé pour que les utilisateurs·trices subissent le moins possible la complexité).
    Bien sûr ce serait pas parfait, mais comme la plupart des gens ont un (et un seul) numéro de portable, et que c’est coûteux d’en avoir plusieurs, ça rendrait au minimum la création de centaines/milliers de comptes multiples bien plus onéreuse/complexe, puisqu’il faudrait avoir un numéro de portable par compte. C’est la façon dont l’appli Signal arrive à limiter assez efficacement le spam, il me semble.

    (Et pour les gens qui n’ont pas de portable, et dont on veut pas qu’iels soient complètement exclu·e·s quand même, on pourrait par exemple imaginer un système d’invitation, où chaque personne qui a un compte validé par un numéro pourrait inviter une et une seule autre personne qui pourrait se créer un compte, mais ptètre sans droit de vote pour pas fausser, mais qui pourrait quand même participer aux discussions. D’autres compromis peuvent être trouvés, comme par exemple que plusieurs personnes invitent, et si trois personnes invitent quelqu’un, le compte créé a aussi le droit de vote. Au pire ça donnerai aux « tricheurs·euses » que 33 % de voix « gratuites » en plus, mais permettrait aux gens sans portable de participer à égalité avec les autres, etc.)

    C’est que des exemples simplifiés et schématisés bien sûr.

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Replies

  • Jan 24, 2025, 12:13 PM

    Bref je schématise beaucoup pour raccourcir un tout petit peu bien sûr. Évidemment il y a plein de questions complexes à répondre.

    Ça implique de réfléchir à tout ça, à comment on pourrait commencer concrètement (en attendant d’avoir des vraies preuves d’unicité/proofs of personhood fiables et tout, ce qui doit rester un objectif de moyen/long terme).

    Et il y a plein d’autres questions/difficultés/obstacles aussi, comme « Comment on fait pour que les gens s’impliquent sur le long terme et pour éviter la fatigue démocratique ? Et pour qu’iels s’informent vraiment bien avant de voter ? Comment on évite que des petits groupes bien coordonnés arrivent à fausser des votes sur des sujets qui intéressent peu de monde et où seulement quelques poignées de personnes participent ? », etc.
    Ces difficultés sont pas seulement techniques, mais aussi « sociales » et nécessitent de réfléchir aux comportements sociaux des gens à grande échelle avec une approche « sociologique » (par manque d’un meilleur terme ?) plutôt qu’individualiste et culpabilisante.

    Plutôt que de se contenter de blâmer la masse des gens qui s’impliquent pas autant que nous, qui quittent pas twitter ou les GAFAM, etc. parce que c’est plus confortable de blâmer les utilisateurs·trices finales·aux, prendre peut-être un peu de recul et se demander quelles sont les raisons structurelles de ça, quels sont les mécanismes globaux qui les dissuadent, et les incitations/désincitations existantes qui génèrent ça à grande échelle, et sur quoi est-ce qu’on peut agir.
    Se demander quelles mesures on pourrait prendre à grande échelle et quelles incitations on pourrait mettre en place pour contrer un peu ça et améliorer la situation, pour que le truc fonctionne bien à grande échelle et sur le long terme, et génère pas de la fatigue démocratique mais entretienne au contraire l’implication des gens, pour que le pouvoir effectif reste vraiment réparti le plus largement possible parmi la population, et qu’on n’ait pas un petit groupe de personnes charismatiques qui finissent par s’accaparer progressivement énormément d’influence, etc.

    Bref, faire un analyse politique des comportements globaux des gens et des conditions matérielles et incitations qui génèrent ces comportements globaux, et pas d’aborder ça d’une façon dépolitisée et individualisante.

    Évidemment c’est compliqué. C’est un objectif ambitieux que la démocratie. On pourra réussir ça que sur le long terme, à force de discussions et d’expérimentations, et ça prendra évidemment du temps et ce sera compliqué et probablement frustrant.

    Mais vu qu’on n’a pas le choix, et que si on fait pas ça on continuera de foncer vers le mur fascisme en klaxonnant, on devrait faire de ça collectivement une de nos premières priorités, et y consacrer le temps et l’énergie que ça mérite. 😬

    Bref, je vais pas développer plus pour l’instant car c’est déjà assez long et que flemme, et je ne répondrai probablement pas non plus aux nombreux commentaires et chipotages qui viendront, vu que j’ai de toute façon pas réponse à tout, mais l’essentiel c’est que : tant qu’on n’admet pas la nécessité de s’organiser et de se coordonner collectivement à grande échelle sans passer par de la délégation, et donc en démocratie directe, et qu’on y consacre pas le temps et l’énergie qu’on devrait y consacrer, on continuera de perdre.

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