Bref je schématise beaucoup pour raccourcir un tout petit peu bien sûr. Évidemment il y a plein de questions complexes à répondre.
Ça implique de réfléchir à tout ça, à comment on pourrait commencer concrètement (en attendant d’avoir des vraies preuves d’unicité/proofs of personhood fiables et tout, ce qui doit rester un objectif de moyen/long terme).
Et il y a plein d’autres questions/difficultés/obstacles aussi, comme « Comment on fait pour que les gens s’impliquent sur le long terme et pour éviter la fatigue démocratique ? Et pour qu’iels s’informent vraiment bien avant de voter ? Comment on évite que des petits groupes bien coordonnés arrivent à fausser des votes sur des sujets qui intéressent peu de monde et où seulement quelques poignées de personnes participent ? », etc.
Ces difficultés sont pas seulement techniques, mais aussi « sociales » et nécessitent de réfléchir aux comportements sociaux des gens à grande échelle avec une approche « sociologique » (par manque d’un meilleur terme ?) plutôt qu’individualiste et culpabilisante.
Plutôt que de se contenter de blâmer la masse des gens qui s’impliquent pas autant que nous, qui quittent pas twitter ou les GAFAM, etc. parce que c’est plus confortable de blâmer les utilisateurs·trices finales·aux, prendre peut-être un peu de recul et se demander quelles sont les raisons structurelles de ça, quels sont les mécanismes globaux qui les dissuadent, et les incitations/désincitations existantes qui génèrent ça à grande échelle, et sur quoi est-ce qu’on peut agir.
Se demander quelles mesures on pourrait prendre à grande échelle et quelles incitations on pourrait mettre en place pour contrer un peu ça et améliorer la situation, pour que le truc fonctionne bien à grande échelle et sur le long terme, et génère pas de la fatigue démocratique mais entretienne au contraire l’implication des gens, pour que le pouvoir effectif reste vraiment réparti le plus largement possible parmi la population, et qu’on n’ait pas un petit groupe de personnes charismatiques qui finissent par s’accaparer progressivement énormément d’influence, etc.
Bref, faire un analyse politique des comportements globaux des gens et des conditions matérielles et incitations qui génèrent ces comportements globaux, et pas d’aborder ça d’une façon dépolitisée et individualisante.
Évidemment c’est compliqué. C’est un objectif ambitieux que la démocratie. On pourra réussir ça que sur le long terme, à force de discussions et d’expérimentations, et ça prendra évidemment du temps et ce sera compliqué et probablement frustrant.
Mais vu qu’on n’a pas le choix, et que si on fait pas ça on continuera de foncer vers le mur fascisme en klaxonnant, on devrait faire de ça collectivement une de nos premières priorités, et y consacrer le temps et l’énergie que ça mérite. 😬
Bref, je vais pas développer plus pour l’instant car c’est déjà assez long et que flemme, et je ne répondrai probablement pas non plus aux nombreux commentaires et chipotages qui viendront, vu que j’ai de toute façon pas réponse à tout, mais l’essentiel c’est que : tant qu’on n’admet pas la nécessité de s’organiser et de se coordonner collectivement à grande échelle sans passer par de la délégation, et donc en démocratie directe, et qu’on y consacre pas le temps et l’énergie qu’on devrait y consacrer, on continuera de perdre.