Login
You're viewing the localization.cafe local feed.
  • Soraya Morvan Smithsmorvansmith.bsky.social@bsky.brid.gy
    Oct 5, 2026, 11:56 AM

    Des parents d’élèves du lycée Montebello de Lens ont un message à faire passer et c’est une masterclass.

    Ce serait dommage de ne pas diffuser largement.

    (Via l_offensive.eco)

    Tribune
«Ce que votre lycée appelle l'ordre, nous l'appelons une politique »
Des parents d'élèves et membres de l'équipe éducative du lycée Montebello, Lille.
-
    Le lycée de nos enfants a été fermé deux jours et la direction veut maintenant une semaine de distanciel! Une semaine de distanciel, ce n'est pas de la pédagogie, c'est de la mise à distance :
on éloigne les élèves pour ne pas avoir à les entendre. Passer en distanciel alors que les conditions d'enseignement pendant les canicules ont eté brutales, cela n'a pour objectif que de briser la grève, invisibiliser le mouvement et faire taire les lycéen nes.
Nous avons reçu deux courriers de la direction qui parle de «casseurs», d'«éléments extérieurs», et loue le «grand professionnalisme» des forces de l'ordre alors même que des personnels, des familles et des élèves ont pu être témoins ou victimes d'interventions vécues tout autrement.
Nous y lisons la gestion policière d'un conflit social.
Nous y lisons moins une information neutre qu'un récit à charge — et, derrière ce récit, un profond mépris de classe.
→
    Ces courriers sont des actes politiques qui se veulent neutres...
Pourtant le courrier de la direction pose une question institutionnelle. Il se présente comme une communication de la cheffe d'établissement, tout en reproduisant longuement le communiqué d'un syndicat ou groupe de représentants de personnels de direction. Une ligne de corps y est ainsi présentée aux familles comme la parole de l'école. Or la parole institutionnelle de la proviseure et l'expression syndicale d'une responsable du SNPDEN-UNSA ne relèvent pas du même registre, quand bien même elle relaie une remontrance des représentants des chefs d'établissement. La neutralité du service public impose précisément de ne pas les confondre.
Il ne s'agit pas d'interdire à une responsable syndicale de s'exprimer. Il s'agit de demander que cette expression soit clairement identifiée comme telle et ne bénéficie pas, par la signature de la proviseure, de l'autorité attachée à la fonction de cheffe d'établissement.
    Ce que la direction appelle l'ordre n'est donc pas neutre. L'ordre scolaire n'est jamais seulement une question de portes ouvertes, de couloirs calmes et de cours maintenus.
Il détermine qui peut parler, qui doit se taire, quelles colères sont reconnues comme légitimes et lesquelles sont immédiatement criminalisées.
Nous refusons un lycée qui apprend aux jeunes que la citoyenneté consiste à accepter les décisions prises sans elles et eux. Nous refusons une école qui répond à une crise sociale par des violences policières, des menaces de plaintes et des leçons de comportement.
Nous refusons que la sécurité serve de paravent à la disqualification politique.
« Casseurs » et « éléments extérieurs » ne décrivent rien, ils trient. Ces mots séparent les «bons» élèves des autres, et la colère devient délinquance. Or on sait qui ces mots désignent d'ordinaire : les jeunes des quartiers populaires, souvent racisé es, dont on parle comme d'une menace venue du dehors alors qu'ils sont nos enfants, nos voisin es, les élèves de cette école.
Ce n'est pas un hasard de vocabulaire, c'est un regard social. Ce n'est pas une crise de la jeunesse, c'est la facture de l'austérité scolaire.
    💬 1🔄 5⭐ 0

Replies