" La psychiatre me diagnostique une dépression du post-partum. Mais je ne comprends pas ce diagnostic ; encore aujourd’hui, je ne suis pas d’accord. « C’est une dépression du post-partum », c’est ce qu’elle dit. « Il faut faire du sport. Vous avez essayé la cohérence cardiaque ? »
Malgré mon état d’épuisement général, je réponds que je mets au défi n’importe qui d’aller bien en se réveillant dix fois par nuit, de continuer à performer au travail, de tirer son lait dans les toilettes, d’être constamment seule, sans aucun relais autre que le papa qui rentre à 19 heures. Dans ma journée, au-delà de ne pas pouvoir dormir, le corps médical me conseille de faire du sport et de la méditation pour être moins déprimée. Sérieusement ?
On me conseille de suivre une thérapie. La psychologue que je rencontre me demande de parler de mon enfance et du lien avec ma mère. Mais moi, je veux parler de l’injustice que je ressens : qu’on cherche des causes à ma dépression dans mon enfance alors que je sais que c’est l’absence de sommeil, l’impossibilité d’être aidée ou relayée, la précarité financière, la crainte de perdre mon emploi qui m’ont conduite à la dépression, et que la méditation et le jogging ne peuvent rien pour moi."
Eh ouais, c'est toute la limite de la prise en charge psy dans un late-stage capitalisme sexiste et paternaliste.
Moi aussi, quand j'ai un PTSD parce que je viens de me faire violer, j'ai de la peine à écouter un psy me dire que ça m'est arrivé parce que un truc dans mon enfance, et pas parce que le mec est un violeur.
Moi aussi j'aimerais bien rencontrer un psy qui se concentre sur ce qui m'est arrivé et le traumatisme que CET EVENEMENT a généré, admette son impuissance à changer les circonstances qui font que ça nous arrive (avoir un enfant en temps que femme active avec un conjoint actif est un cauchemar, on se fait agresser parce qu'il y a plein d'agresseurs) et m'outille pour faire face à cette situation du mieux que je peux, me soutienne, plutôt que de me pousser à me demander comment j'ai provoqué ça et comment faire pour ne plus recommencer.
Ca vient d'une super lettre ouverte d'une maman à bout de souffle dans frustration magazine.
Sur ce, faut que je bouge mon cul, j'ai un doigt à me faire opérer ce matin.