J'ai une théorie sur les boomers macronistes radicalisés - ceux qui se brouillent avec leurs enfants et petits enfants en ce moment.
Je distingue deux rages. Côté RN, je perçois un désir de revanche - "vous les gauchos, vous n'êtes pas prêts à ce qui va vous arriver" me lance un commerçant pendant la campagne législative ; c'est mon idéal-type. J'y ressens une contre-humiliation liée au capital symbolique. Tout ce qu'on sait sur le rapport aux études comme déterminant du vote RN.
Côté boomer, dans la trajectoire qui mène d'un vote PS à Macron, je ne perçois une autre émotion politique, que j’interprète comme refus de renoncer à son propre renoncement. Toute leur vie politique a été faite d'un renoncement à leurs propres idéaux. Le fait que la jeunesse débarque avec une exigence de justice leur est insupportable. Il faut l'humilier derechef, car la soutenir serait reconnaître que leur propre trajectoire est une faillite.