Au drive (c'est dangereux que je conduise mais vous savez quoi ? J'ai pas le choix à un moment).
Le jeune qui vient livrer mes courses à la voiture, je lui demande tout de go s'il peut mettre les articles dans mes sacs.
Le jeune : oui, bien sûr, j'allais vous le proposer !
Moi : je sais bien, mais j'ai trop l'habitude de décliner sauf que maintenant je suis trop handicapé'e pour le faire moi.
Lui, grand sourire sincère : je dis toujours oui pour aider les personnes de toute façon !
Puis voyant mes écharpes pour tenir mes bras en hauteur et ma canne pour me soutenir par l'épaule : vous avez eu un accident ?
Moi : non, je suis handicapé'e.
Lui : oh, je suis désolé !
Moi : le soyez pas, blâmez le fait qu'on ne protège pas assez du covid. C'est une infection qui a déclenché les maladies génétiques latentes que j'avais. Y'a d'autres responsables.
Lui : arf, j'aime pas les maladies, je trouve ça horrible, j'ai des proches qui en ont.
Il fait une pause puis : vous êtes des personnes fortes !
(Il continue de remplir mes cabas en même temps).
Moi : on n'a surtout pas le choix.
Lui, chargeant dans ma voiture, se retrouvant dos à moi : non mais je veux dire, il vous en faut du courage
Je l'interromps : du courage pour quoi ?
Lui : heu
J'enchaine : pour vivre c'est ça ?
Il bug puis contrit : non quand même pas
Moi continuant doucereusement : vous savez, ça glisse très vite vers ce sens, quand nous parlez de courage !
Lui, balbutiant un peu, tente de se rattraper : non mais du courage pour avoir encore cette joie de vivre.
Il retourne au chariot, ayant fini.
Je bug un peu, choquae, et lui dis : vous savez, y'a 20 minutes la personne qui doit venir m'aider à décharger ce drive et faire tout ce que je ne peux plu faire chez moi, a voulu annuler sa venue. Bah j'ai direct eu envie de crever... Donc la joie de vivre, elle est vachement dépendante de l'aide qu'on peut recevoir.
Il relève la tête vers moi, yeux mouillés : vous avez raison, je suis désolé.
Cette fois je ne lui ai pas dit qu'il n'avait pas à l'être.