J'adore relever les noms de lycées et voir ce qu'on reproche aux jeunes qui y étudient, quand on connait les écrits dont ils tirent leur nom :
Auguste Blanqui à Saint-Ouen :
Des milliers de jeunes gens instruits, ouvriers et bourgeois, frémissent sous un joug abhorré. Pour le briser, songent-ils à prendre l'épée ? Non ! la plume, toujours la plume, rien que la plume. Pourquoi donc pas l'une et l'autre, comme l'exige le devoir d'un Républicain ? En temps de tyrannie, écrire est bien, combattre est mieux [...] (Instructions pour une prise d'armes, 1866)
Gaston Bachelard, 13e à Paris :
Quand on veut que tout change, on appelle le feu (La psychanalyse du feu, 1937)
Paul Valery, à Sète :
Notre jeunesse trouvera donc très prochainement en face d’elle des jeunesses homogènes, façonnées, dressées et, pour ainsi dire, étatisées. L’État moderne de ce type ne souffre aucune discordance dans l’enseignement, et cet enseignement, qui commence dans l’âge le plus tendre, ne lâche plus sa proie, en continue et en parachève l’éducation par des systèmes postscolaires d’allure militaire. — Qu’en résultera-t-il pour la valeur de la culture ? Que deviendront l’indépendance des esprits, celle des recherches, et surtout celle des sentiments ? Que deviendra la liberté de l’intelligence ? (Le bilan de l'intelligence, 1939)