Est-ce que c'est juste moi ?
Je trouve ça humiliant et rabaissant que les gens, même à gauche, disent « les quartiers » pour dire "les quartiers pauvres" ou "les banlieues pauvres".
Et surtout, quand iels disent « les quartiers », sans précision, j'ai le sentiment que c'est pour mobiliser un non-dit entendu, c'est-à-dire, dire sans le dire « quartiers des noirs et des arabes ».
Puis le non-dit ça donne à la fois un effets "vous voyez ce que je veux dire", et un effet Voldemort. Genre c'est si difficile que ça de parler des noirs et des maghrébins ? C'est interdit ? Ou alors ça vous brûle la langue ? Ou alors vous vous retenez de peur de dire un truc raciste sans faire exprès ? 🧐
Moi j'ai grandi dans ces « quartiers ».
Et si les populations issues de l'immigration coloniale est largement sur-representée, nos « quartiers » n'étaient pas vides de blancs. Ma propre mère est blanche. J'étais d'ailleurs, avec mon frère et le fils de la voisine de palier, les seuls racisés de notre cage d'escaliers de l'immeuble.
Quand on parle de « quartiers », on abandonne le lecteur ou l'auditeur aux imaginaires que l'extrême droite a forgé : les banlieues pauvres, ghetto dans lesquels on a enfermé les populations issues de l'immigration, seraient des territoires perdus de la République, dans laquelle "les étrangers" font leur loi. Bref. La logistique habituel d'extrême droite de l'ennemi intérieur.
Et on a beau mettre un vernis socialo-fetichiste par dessus, ça ne change rien à l'imaginaire raciste qui est mobilisé. Être gentillement raciste, c'est quand même être raciste.